Patrifinance : Organisation patrimoniale, assurance-vie, immobilier, défiscalisation, finance...
Patrifinance : Organisation patrimoniale, assurance-vie, immobilier, défiscalisation, finance...

Magasine  Que Choisir  de Janvier 2017 .

Magasine Que Choisir de Janvier 2017 Magasine Que Choisir de Janvier 2017

.Dans ce numéro, les journalistes du magasine Que Choisir, traitent, entre autres, du conflit d’intérêts existant entre le conseil en gestion de patrimoine/conseiller financier et son client, le conseil étant rémunéré par des commissions perçues sur les placements vendus, en soulignant que ceci est le moins pire des systèmes… Mais faut-il se contenter d’un constat insatisfaisant ?

 

 

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En effet, l’inconvénient majeur de ce système est criant, comme le souligne le magasine Que Choisir  : les conseils peuvent être tentés de proposer les produits leur rapportant le plus, sans que ceci soit un gage de qualité et de performance pour l’investisseur. Pour l’avoir vécu de l’intérieur, j’affirme (preuves à l’appui), qu’un conseiller en gestion de patrimoine peut doubler, voire tripler sa rémunération en fonction de la nature des produits vendus ! 

 

De plus, même si la législation tend vers plus de transparence, il est à noter que le montant des commissions perçues par les conseils n’est pas correctement perçu par les épargnants, car ils figurent en pourcentage. Il paraît en effet plus indolore d’écrire, ou de dire, que les frais sont de 1% par an sur le montant des intérêts, que de dire ou d’écrire, « cela vous coûtera en moyenne entre 33 € /an et 123€/an pour 2500 € d’intérêts annuels, soit entre 330 € et 1640 € pour dix ans de durée, entre 660 € et 3280 € sur vingt ans, etc… ».

 

Car telle, est bien la vérité de ce que votre argent rapporte au conseil.

 

Et alors, me direz-vous, il faut bien que chacun soit rémunéré pour le travail qu’il fait ?

 

Oui, bien sûr. De plus, si la législation prévoyait l’interdiction de percevoir des commissions, deux présidents d’association professionnelle (cités également dans ce numéro du magasine Que Choisir), affirment, l’un, que « seules les très grandes fortunes pourraient accepter des honoraires suffisants », l’autre, que les petits épargnants  « n’auraient pas les revenus suffisants pour nous payer à la hauteur du travail que nous aurons accompli pour eux ». La conséquence de cette interdiction serait donc de condamner les épargnants (surtout les petits), à continuer de payer des commissions dont ils ne connaissent pas les montants, et d’aller plutôt voir leur banquier qui, lui, ne fait pas payer d’honoraires, restreignant ainsi l’accès des moyens/petits épargnants aux produits bancaires, pas toujours les mieux placés, surtout en ce qui concerne l’assurance-vie ?

 

Donc, statu quo, ne bougeons pas, ne faisons rien… Alors, qu’en outre, les marchés boursiers sont de plus en plus volatils, les fonds euros des contrats d’assurance-vie de moins en moins rémunérateurs, et de moins en moins liquides, les retraites de moins en moins généreuses, la protection sociale de plus en plus chère et de moins en moins protectrice.

 

Mais, après tout, tout ceci n’est pas du ressort des conseils en gestion de patrimoine…

 

Mais justement : en tant que gestionnaires de patrimoine, conseillers financiers, ne sommes-nous pas dépositaires, nous aussi, de l’avenir financier de nos compatriotes ?

 

Ne devrions-nous pas, nous, professionnels, considérer comme un devoir, et non comme l’exercice d’une profession, celui de participer à l’amélioration patrimoniale de nos concitoyens, et que ce travail soit effectivement accessible au plus grand nombre, sans que cela coûte cher, parce que nous sommes aidés en cela (il faut bien le reconnaître), par les réductions de coûts  fulgurantes permises notamment par les sociétés qui nous fournissent les logiciels nécessaires à l’exercice de notre profession ?

 

Devant les aléas financiers de plus en plus nombreux sur les marchés obligataires, immobiliers, actions, devant les incertitudes économiques, sociales, législatives fortes, n’aurions-nous pas l’obligation morale de répondre aussi, à une demande de transparence et d’éthique, afin que la relation client-gestionnaire devienne vraiment une relation gagnant-gagnant car, force est de constater que, dans l’état actuel des choses, dès lors qu’une relation d’affaires est entamée, seul le professionnel a la certitude de gagner de l’argent, le client, l’épargnant s’en rendant compte à postériori ?

 

Pour ma part, je me range du côté des « oui » apportés à ces questions : nous ne sommes pas seulement des acteurs économiques désireux de bien accomplir notre métier dans le respect des règles légales, nous sommes aussi des acteurs tenant dans leurs mains une partie de l’avenir financier de leurs clients, ce qui incombe une lourde responsabilité.

 

Alors que faire ? Quelle(s) réponse(s) apporter à ce moins pire des systèmes que constitue la rémunération du conseiller par des montants de commissions incompris et opaques, qui, de surcroît, instaure une relation originelle inéquitable ?

 

Pour ma part, j’ai lancé une idée, mise en pratique actuellement : une des solutions consiste à partager avec le client les commissions perçues, et à se faire rémunérer de manière totalement transparente, les conseils prodigués.

 

Quels sont les avantages pour le client ? Clairement, cela rend la relation commerciale équilibrée, dans le sens où, dès l’entame de la relation, le client est aussi sûr de gagner de l’argent que son conseiller, puisqu’il percevra les commissions normalement reversées au vendeur, par le partage. Le conseil, lui, n’est pas perdant, puisqu’il est rémunéré par le client.

 

Deuxio, cela redonne au conseil une qualité perdue : l’objectivité. En effet, quel intérêt aurait un vendeur de plus proposer un produit qu’un autre, puisque ce qu’il perçoit, il le reverse ?

 

Tertio : un intérêt économique pour, à la fois le client, et à la fois le conseiller : les commissions reversées au client viendront rembourser son débours de départ, lorsqu’il aura payé son conseiller pour lui prodiguer des conseils. Pour le conseiller : c’est une avance de trésorerie, qui lui permettra de se développer sur d’autres marchés.

 

Il existerait donc bien un système qui permettrait de gommer tout conflit d’intérêts entre un conseiller et son client ce qui, de surcroît, est un des plus sûrs chemins vers une relation pérenne créatrice de richesses.

Frédéric Piccard.

Achevé d’être rédigé le 5 Janvier 2017.