Patrifinance : Organisation patrimoniale, assurance-vie, immobilier, défiscalisation, finance...
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Faut-il avoir peur de la baisse de rendement des fonds € ?

Faut-il avoir peur de la baisse de rendement des fonds € ? ? Faut-il avoir peur de la baisse de rendement des fonds € ?

Faut-il avoir peur de la baisse de rendement des fonds € ?

 

Le vote en première lecture par l’Assemblée Nationale de l’article 21 bis de la loi Sapin 2, (voir ce lien), autorise les autorités de contrôle (en l’occurrence l’ACPR et le HCSF) de pouvoir bloquer les rachats sur les contrats d’assurance-vie durant une période déterminée afin d’éviter une faillite du système.

 

 Good Value For Money nous aide à y voir plus clair, en répondant aux trois questions suivantes :

 

1°) Comment comprendre ce projet de disposition ?

 

2°) Quelle est la situation effective du rendement des actifs généraux des sociétés d’assurance-vie ?

 

3°) Quelles dispositions peut-on prendre dans ce contexte ?

 

Comment comprendre ce projet de disposition ?

 

Durant ces 30 dernières années, les rendements sur les fonds en euros ont été plutôt bons, grâce aux obligations acquises durant les 8 à 12 dernières années, les taux obligataires étant plus élevés qu’aujourd’hui.

 

En effet, aujourd’hui, le rendement de l’Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans, dans laquelle votre assureur investi les fonds que vous lui confiez lorsque vous investissez dans un fonds en euros,  a oscillé entre 0,12 % et 0,29 % sur le mois de Septembre 2016. Or, comme nous l’explique Good Value For Money, « Même si le taux de l’OAT à 10 ans est un peu remonté depuis (en valant 0,33 % au 14 octobre 2016), il est clair qu’une compagnie d’assurance-vie qui achète une obligation avec un niveau de rendement aussi bas engrange des pertes financières futures. »

 

De plus, les nouvelles normes prudentielles Solvabilité II contraignent les sociétés d’assurance-vie à avoir au moins 80 % d’obligations dans les actifs de leurs fonds en euros devant bénéficier d’une bonne notation financière, ce qui diminue le rendement, puisque plus le risque est faible plus le rendement escompté sera faible lui aussi.

 

« Le secteur de l’assurance-vie est donc aujourd’hui confronté à une quasi-impossibilité d’investir (l’argent qui rentre) sur ses fonds en euros, sans engranger des pertes financières future », nous explique l’équipe de GVFM. 

 

Alors, faut-il avoir peur de la baisse de rendement des fonds € ?

 

Dans ce contexte historique, le principal objectif de la Loi Sapin 2 est donc de protéger les sociétés d’assurance-vie en cas de forte remontée des taux, car si aujourd’hui ils sont bas, ils peuvent remonter demain. Or quel serait le risque ? Le risque évident serait que les détenteurs de contrats d’assurance-vie, attirés par des taux plus élevés auxquels ils étaient habitués, retirent leur épargne en masse, obligeant les assureurs à vendre à perte les obligations acquises à taux bas. Car lorsque les taux obligataires remontent, les anciennes obligations à taux moins élevés se déprécient, tout simplement.

 

Mais ce scénario est-il envisageable ?

 

Il est « peu probable actuellement, car on est davantage dans un schéma « à la japonaise » de taux bas durant une longue période », dixit GVFM.

 

2°) Les rendements des actifs généraux des sociétés d’assurance-vie permettraient-ils alors de faire face à une longue période de taux bas ?

 

Good Value for Money a réalisé un travail d’analyse du rendement financier brut (c’est-à-dire avant tout prélèvement de frais) des actifs généraux des sociétés d’assurance-vie en 2015. En voici les conclusions :

 

« En 2015les portefeuilles des fonds en euros classiques ont généré en moyenne un rendement de 3,61 %. En prenant une illustration sur les portefeuilles de 5 fonds en euros significatifs, on a les taux suivants :

  • Actif général de Cardif Vie(BNP Paribas) : 3,99 %
  • Actif général de la SMA Vie BTP : 3,81 %
  • Actif général de Prédica (Crédit Agricole / LCL) : 3,54 %
  • Actif général de Suravenir (Crédit Mutuel Arkéa) : 3,24 %
  • Actif général des ACM Vie(Crédit Mutuel Centre-Est Europe CIC) : 3,24 %

 

Le rendement financier moyen des portefeuilles des fonds en euros de régime de retraite est évalué à 4,05 % en 2015 par Good Value for Money. A titre d’illustration, l’actif général retraite d’AXA France Vie a généré un rendement financier de 3,90 % en 2015.

 

Où se situe « la vérité » entre le discours « alarmiste » envoyé par les autorités de contrôle avec le vote de la loi Sapin 2 et ces performances financières, et faut-il avoir peur de la baisse de rendement des fonds euros ?

 

Comme indiqué précédemment, la baisse de rendement des actifs généraux se réalise de manière progressive via la dilution des anciens placements (dont des obligations) par des nouveaux dont la performance financière est trop faible.

 

Sans tenir compte d’éventuels chocs financiers (comme un krach boursier), Good Value for Money évalue le rythme de baisse annuel moyen du rendement des actifs généraux entre 0,30 % et 0,40 %. Après cela, chaque fonds et chaque compagnie est un cas particulier, l’un des paramètres-clés en la matière étant la dynamique de collecte (ou de décollecte) nette du fonds. »

 

Cela signifie aussi que, si l’on veut bénéficier ou pérenniser un bon taux, il faut fuir les contrats « grand public », puisque ce sont ceux-ci qui collectent davantage, diluant ainsi les performances.

 

3°) Quelles dispositions peut-on prendre dans ce contexte ?

 

Les éléments apportés par Good Value for Money (GVfM) montrent que le vrai risque potentiel « théorique » pour les compagnies et les fonds en euros se situe aujourd’hui à un horizon de l’ordre de 5 ans. Les compagnies en sont bien conscientes et prennent des dispositions pour se prémunir, ces différents mécanismes permettant de reporter l’échéance de forte tension sur les fonds en euros à une échéance davantage située entre 5 et 8 ans (dans l’hypothèse peu probable d’un maintien des taux à un niveau aussi bas à cet horizon). 

 

Notons enfin que les compagnies prennent également des dispositifs, comme le fait de basculer d’une garantie du capital sur les fonds en euros « nette de frais » aujourd’hui à « brute de frais » demain.

 

Alors, faut-il paniquer, et suivre les conseils de celles et ceux qui recommandent d’investir autrement ou d’arbitrer ?

 

Good Value for Money ne le pense pas. Leur conseil est de rester vigilant et de profiter du temps que l’on a pour diversifier ses placements sur des unités de compte.

Ainsi, ils recommandent d’essayer de s’inscrire sur les taux moyens en fonction de votre horizon de temps :

  • A un horizon de 3 à 5 ans : 10 à 15 % d’UC
  • A un horizon de 8 à 10 ans : 20 à 30 % d’UC
  • A un horizon de 10 à 12 ans : 30 à 35 % d’UC
  • A un horizon de 20 ans : 50 % d’UC

 

Pour notre part, pour des profils prudents (ce que semblent être une majorité d’épargnants français), nous resterions investis majoritairement en fonds euros à condition qu’ils soient au-dessus de la moyenne de marché ( 2,40% en 2015), sur une durée de trois ans.

 

Sur 5 ans, nous pourrions préconiser autour de 15% d’UC faiblement volatiles.

 

Entre 5 et 8 ans, monter à 20% nous semble judicieux.

 

De 8 à 10 ans, le quart, puis le tiers  jusqu’à 12/13  ans, et enfin autour de 40% si vous avez au moins quinze ans devant vous.

 

N’oubliez pas aussi l’investissement progressif sans frais sur des UC volatiles, si vous avez au moins quinze ans devant vous, pour profiter des hausses et des baisses sans vous soucier de l’évolution des marchés financiers, tactique qui donne de très bons résultats à priori, comme nous pourrons le voir dans un prochain post.

 

Merci à toute l'équipe de Good Value for Money.

 

Frédéric Piccard.